Notes sur la Stéréoscopie

Stéréoscopie : Nom féminin, qui vient du grec stereos, solide, et skopein, observer.

 

La vision stéréoscopique peut être définie comme la possibilité de percevoir les distances relatives des objets sur la base de l’information visuelle provenant de la disparité binoculaire.
L’homme a toujours utilisé cette faculté de pouvoir estimer les distances à l’aide de son sens de la vision. Evoquée par Euclide (3ème siècle avant J.-C), mise en application sous forme de dessins dès le 13ème siècle, abordée à la renaissance par Leonard de Vinci puis G.B. Della Porta et J. Chimenti, la représentation stéréoscopique n’est pas nouvelle. Le premier stéréoscope breveté date de 1832 (Charles Wheatstone). Les perfectionnements se multiplient avec l’invention de la photographie.
Dans la vision binoculaire, pour que le cerveau perçoive finalement un objet unique tridimensionnel, il faut tout d’abord qu’il reçoive deux images convenables envoyées par les deux yeux, ensuite qu’il fusionne ces deux images et enfin qu’il élabore la perception unique finale.
=> Des écrans grand public auto-stéréoscopiques, capables d’afficher un bon rendu 3D sans lunettes, feront leur apparition prochainement.
Ils proposeront une dizaine de points de vues différents de la même image sur la base d’une source stéréoscopique.
La conversion du contenu stéréoscopique au format auto stéréoscopique sera calculée en temps réel par un logiciel intégré aux téléviseurs (Ultra-D). Cette technologie est visible depuis peu dans le showroom Orange, place de l’Opéra à Paris.ultra-d


Deux facteurs importants interviennent dans cette perception spatiale. C’est d’une part la convergence binoculaire (le mouvement permettant aux yeux de pivoter vers la direction d’un objet rapproché), et d’autre part la disparité binoculaire (décalage horizontal sur les deux images rétiniennes d’un même objet). Le fait que l’on peut obtenir la sensation de relief à partir de la disparité binoculaire seule sans que les facteurs monoculaires interviennent est utilisé par les procédés de représentation stéréoscopique. Ils permettent de percevoir du relief à partir d’images planes, apparemment identiques, mais possédant une légère différence de positions horizontales. Ces images planes peuvent être séparées ou fusionnées, selon le mode de représentation.
La base entre les deux sources n’est pas nécessairement de 65 à 70 mm. Celle-ci dépendra du rapport entre le premier plan et l’arrière plan et de l’effet recherché (hyper-stéréoscopie).
Des solutions polyscopiques sans lunette existent depuis les années 1900Photostéréosynthèse d’Auguste et Louis Lumière (1920) – Auto-stéréoscopie à réseau lenticulaire de Gabriel Lippmann en 1908, réalisé en 1920 par Hess – photographie intégrale du procédé de Bonnet (1937) Alioscopie (1987) – elles reposent, selon le type, sur cinq à dix points de vue différents de la même scène.
=> Dans la stéréoscopie, la production des sources binoculaires reste indépendante des modes de diffusion, ce qui est un point capital en création de contenus.
Ainsi, des sources conçues initialement dans l’idée d’une diffusion pour lunettes passives (polarisantes, anaglyphes bicolores, anaglyphes interférentielles …) peuvent facilement être déclinées pour une diffusion avec lunettes actives (vision alternée, …) …
… et bientôt pour une diffusion sans lunette (Ultra-D).ultra-d